Chambre 432.


BIRDY GARCIA
22 ans. Espagnole. 1m71.
Site pour adultes.
Père décédé. Aucune nouvelle de sa mère.
Recherchée par son ancien petit ami.


Née sous le soleil espagnol, il était évident que Birdy allait rayonner de tout son être, de toute son âme. Ses parents étaient les propriétaires d’un petit commerce de proximité dans la ville de Séville. Ils n’étaient pas aisés financièrement mais ils arrivaient à se débrouiller. Elle n’avait pas forcément les derniers objets à la mode mais elle avait toujours de quoi se nourrir dans son assiette ainsi qu’un toît sur la tête. Ses parents lui avaient appris que c’était ça le plus important. D’être à l’abris, d’avoir de quoi se nourrir à sa faim, et d’être entourée des gens qu’elle aime. Tout cela, elle l’avait. Jusqu’à ses quinze ans.
Le jour de sa quinceañera, fête traditionnelle marquant le passage de l’enfant à l’adulte, des hommes, une vingtaine au moins, avaient débarqué à la fête. Des hommes vêtus de costumes noirs, fusils à la main. Un contraste impressionnant avec les invités qui étaient vêtus de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Les hommes s’étaient placés à chaque potentielle sortie. Sauf lui. Le plus grand, le plus ténébreux, le plus beau. Il s’était approché de la princesse du jour. Il avait prit sa main dans la sienne, la lui baisant. Et, dans un sourire, il lui avait dit “Tu es mienne”. Le père avait voulu intervenir. Il a fini avec une balle dans la tête. Les cris et les pleurs avaient pris le dessus sur les rires et les chants.
Lui était le chef d’une des plus importantes mafias espagnoles. Il avait une dizaine d’années de plus qu’elle. Et, malgré la réalité de leur rencontre, ils vivaient un parfait amour. Elle était couverte d’attentions et de cadeaux. Elle se sentait aimée. Elle avait fini par avoir son rôle au sein de la mafia. Elle était celle qui arrivait à convaincre par sa beauté, mais aussi par ses mots. Elle s’était surprise à apprécier ce monde. Elle s’y sentait utile, elle s’y sentait à sa place.
Mais ce rêve, qui avait commencé en une vision de cauchemar, retourna au point de ses débuts. Lui était persuadé qu’elle entretenait une relation cachée avec l’un de ses hommes, son meilleur homme, son meilleur ami. Il était devenu furieux, rouge de colère. Il n’avait pas cherché à avoir d’explications, ni même de réelles preuves à ses soupçons. Il avait réglé le problème à sa façon : une balle dans les parties génitales, une autre au milieu du torse, une dernière entre les deux yeux. Il était son meilleur ami, mais il l’avait trahi, selon lui. Alors, il devait en payer les conséquences, comme l’aurait payé un traître banal.
Birdy avait réussi à s’échapper. Elle était montée dans le premier avion sans même savoir où est-ce qu’elle atterrirait. Ce fut de cette façon qu’elle se retrouva aux Etats-Unis. Elle a réussi à se trouver un petit appartement dans lequel elle vit. Elle n’a pas réellement de travail, car par réellement d’expériences dans le domaine. Elle n’est pas certaine qu’afficher au grand jour qu’elle a été un élément important au sein d’une mafia donne envie aux employeurs de la recruter. Alors, pour le moment, elle vit de photographies qu’elle vend sur des sites pour adultes. Ces dernières peuvent aller du plus basique aux demandes les plus folles. Sa seule condition est qu’elle ne montre jamais sa tête. En réalité, elle en a une deuxième dont elle ne prévient pas ses acheteurs. Elle retouche son ventre, non pas pour le rendre plus fin, ou mieux dessiné, mais pour effacer les marques de brûlures de cigarette qui s’y trouvent. Un élément trop personnel, trop distinctif, qui permet à n’importe qui de la reconnaître. Surtout lui. Car, elle sait qu’il cherche à la retrouver.







